Sélection des locataires : méthodes et cadre légal
Introduction
Bien choisir son locataire, c’est prévenir 90 % des impayés. La loi impose cependant une sélection objective : pas de discrimination, seulement les pièces autorisées et une vérification raisonnable des revenus.
1. Constitution du dossier
Le bailleur peut demander uniquement les documents listés par le décret du 5 novembre 2015 :
- Pièce d’identité ;
- Justificatif de domicile ou quittances ;
- Justificatif d’activité (contrat de travail, attestation d’employeur) ;
- Justificatifs de revenus : trois dernières fiches de paie ou avis d’imposition.
2. Vérification de la solvabilité
- Règle usuelle : le loyer ne doit pas dépasser 33 % des revenus nets.
- Un garant ou une garantie loyers impayés (GLI) peut être exigé.
- La GLI ne peut être cumulée avec une caution (sauf étudiant/apprenti).
3. Check-list de sélection
- ✔️ Comparer les revenus sur 12 mois, pas seulement sur les 3 derniers bulletins.
- ✔️ Appeler l’employeur pour vérifier la stabilité.
- ✔️ Prévoir une même procédure pour tous les candidats (égalité de traitement).
4. Pièges à éviter
- ❌ Demander des relevés bancaires complets : interdit.
- ❌ Refuser un dossier pour des motifs discriminatoires : pénalement sanctionné.
- ❌ Négliger le contrat de cautionnement : il doit être signé et limité.
5. Exemple concret
Marie reçoit deux dossiers : – Paul, CDI, 2 800 € nets, loyer 850 €. – Chloé, auto-entrepreneure 3 000 € de CA. Marie choisit Chloé après vérification du chiffre d’affaires réel et d’une garantie bancaire. Décision légale et justifiée : pas de discrimination.
À retenir : dossiers complets, critères objectifs, vérifications documentées = sélection sûre et légale.